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Notre histoire: un cuento colectivo en francés

El alumnado de francés de 1º de Bachillerato ha dedicado este tercer trimestre al universo de los cuentos. Ellos mismos han elaborado su propia historia, a la que han dado vida en un recital, broche final de este bonito proyecto

Imagen a partir de la que empezamos a construir nuestra historia. Se trata de la imagen de cubierta de la obra Le pays de Rêve del escritor francés David Diop. La ilustración es un trabajo del artista Kebba Sanneh. Los alumnos no conocían el título de la historia real ni su contenido.

No sabemos su nombre, ella no nos lo quiso decir. Venía cada día a visitarnos al principio de clase. Sí, cada día, mientras redescubríamos los cuentos de Charles Perrault, interpretábamos las fábulas de Jean de La Fontaine, y presentábamos un montón de personajes de cómic de creación francófona, íbamos lanzando hipótesis, en francés, e inventando una vida alrededor de la imagen de una chica misteriosa de larga cabellera rizada, de la que todo desconocíamos. A partir de preguntas de la profesora y del humor que teníamos en ese momento, fuimos llenando pizarras con fragmentos de una posible biografía. Así fue como se fueron ensamblando las piezas del puzle de nuestra historia.

Esta es la historia de una joven que siente no pertenecer a donde vive y que anhela marcharse. Su madre emigró de Madagascar para poder darle una vida mejor, en Europa, pero ella nunca acabó de encajar en esa realidad que supuestamente era la mejor para ella. Una y otra vez, se sentía fuera de lugar. Cuando justo parecía que había logrado algo importante, acabar unos estudios para poder ser «alguien», y llevada también por un acontecimiento sombrío que le sucede, decide dejarlo todo y volver a Madagascar, con su abuela, a la que tanto echa de menos. Al cuerpo principal de la historia, que se construyó a partir de nuestras sensaciones y elucubraciones sobre la imagen de la chica, fuimos añadiendo, en grupos, diversas partes: una descripción de la chica, un diálogo entre ella y su madre, un poema a su añorado Madagascar, una conversación por videoconferencia con su abuela y un poema muy triste en la que ella habla de algo muy grave que le sucedió.

Estas son todas las imágenes que utilizamos en nuestro recital, para ilustrar cada una de las partes del cuento.

Aquí os dejamos el resultado de Notre histoire, y el audio con algunos de los fragmentos que grabamos en el momento del recital.

Il était une fois… «Il était une fois», disait ma mère quand elle me racontait des histoires, quand j’étais petite. Comme, à son tour, ma grand-mère racontait à ma mère, quand elle avait aussi été petite. Aujourd’hui, j’ai le besoin de raconter ma propre histoire à quelqu’un.

Je ne vais pas vous dire mon prénom. Je ne veux pas. J’ai pourtant l’impression que vous me connaissez peut-être, et j’ai presque l’impression de vous connaître aussi.

Sa voix semblait douce et calme, tandis que son regard paraissait mystérieux et pensif. De plus, elle donnait l’impression d’être sensible et réfléchie. Son corps était fin et élégant, alors que sa posture montrait une certaine tristesse. Pourtant, elle semblait aussi forte et courageuse face à la vie. Elle portait un foulard orange qui contrastait avec la couleur sombre de son visage et de ses cheveux noirs. Elle attirait immédiatement l’attention. On dirait qu’il y avait une atmosphère de mélancolie autour d’elle. Elle avait l’air d’être seule et perdue, en même temps qu’elle semblait chercher quelque chose d’important. Son expression montrait ainsi beaucoup d’émotion et de doute.

Je suis née en Allemagne, dans une maison à la campagne, j’ai grandi en France, j’ai passé mon adolescence en Espagne, je suis noire. Maintenant nous habitons dans un petit appartement d’un quartier industriel. Mais je ne viens pas d’ici, je le sais. Je ne viens de nulle part. Mon prénom ne me correspond pas. Je sens qu’au fond, je ne sais pas encore comment je m’appelle.

La mère faisait à manger et la fille était sur le canapé, quand soudain…

-Aïe ! -s’exclama la mère.

-Qu’est-ce qui t’est arrivé maintenant ? -demanda la fille.

-Eh bien, je me suis brûlée car je n’ai aucune aide de ta part.

La fille se lève rapidement.

-Pardon, maman -répondit la fille.

La mère se mit un tissu sur sa main et regarde sa fille.

-Tu ne m’aides jamais et tu ne parles presque plus avec moi.

La fille baissa la tête.

-Parce que je suis confuse, je ne me sens pas bien ici… -dit la fille.

-Tu dis toujours la même chose. Tu dois arrêter de penser au passé -répondit la mère.

-Cet endroit-là est important pour moi !! -réplique la fille, agacée.

-Je comprends, mais j’ai fait tout ça pour avoir une meilleure vie -répondit la mère, déçue.

-Moi, je ne voulais pas cette vie -reconnut la fille, triste.

La cuisine de la maison espagnole.

Je n’ai pas vu ma grand-mère depuis que j’avais cinq ans. J’ai 23 ans en ce moment, mais les gens pensent que j’en ai 18 parfois. Je ne suis pas très grande. Ma grand-mère est loin de nous, elle est restée au Madagascar. Mais sa voix est proche de moi, elle m’a toujours raconté ses histoires, dans la distance. Ça a toujours été comme si j’avais une main protrectrice appuyée sur mon épaule.

«Comment vas-tu, ma petite?» Je ne vais pas trop bien. Il était une fois une jeune fille qui a toujours eu l’impression d’être seule, écartée, isolée. Pourquoi j’ai toujours rêvé de retourner à Madagascar: la mer, la famille, la chaleur, la compréhension, alors que ma mère a fuit cette terre de nos ancêtres?

Je suis née sur l’île rouge

où chaque jour ressemble à un voyage

où, au réveil, le vent atteint ton visage

et la première chose que vous voyez, c’est la plage.

On dit que c’est la quatrième île la plus grande du monde

mais je pense que cela n’est pas à sa hauteur

où les heures semblent des secondes

et tout est plein de couleurs.

Ses gens sont incroyables

toutes les personnes sont adorables

un mélange parfait de cultures

et où, en arrivant, tu sens la nature.

Demain, je dois passer mon examen final pour devenir quelqu’un. Je serai apparement la première dans ma famille à l’être. Avoir une profession, une spécialité, un statut, un salaire fixe. Cela veut dire que je saurai enfin qui je suis? Je trouverai enfin ma place? Je ne le crois pas. Je rêve toujours d’être là-bas. Je suis angoisée, je serai triste. Demain, c’est lundi. Une nouvelle semaine qui commence. Sera-t-il aussi une nouvelle vie qui commence?

L’appel vidéo sonne.

-Comment ça s’utilise, ça ?

-Mamie, c’est un appel vidéo !

-Tu m’entends ?

-Mamie, je vois ton oreille !

-Allô, allô, comment ça va ?

-Ici, rien de nouveau, et là-bas, comment ça va ?

-Ici, à Madagascar, beaucoup de choses se sont passées.

-Raconte-moi tout !

-D’abord, j’ai appris que la soeur de l’amie de la voisine de ta tante divorce du collègue de travail du cousin de ta mère.

-C’est pas possible ! Et que’est-ce qu’ils vont faire avec leurs enfants ?!

-Eh bien, ils vont les envoyer au Congo.

-C’est pas vrai !

-Ma petite-fille, tu me manques beaucoup.

-Toi aussi, mamie. J’aimerais tellement que tu sois ici.

-Oui, mon coeur, moi aussi. J’espère qu’on se verra très bientôt.

-C’est sûr qu’on se verra très bientôt, mamie.

-Je t’aime.

-Moi aussi.

Le jour où tout avait changé définitivement n’était pas un lundi. Depuis ce jour-là, je ne peux plus ignorer que je suis si seule ici. Personne à qui raconter ce qui s’est passé. Personne à qui expliquer qui je suis devenue. Depuis ce jour.

C’était une nuit pluvieuse et froide.

Au bout de la rue, une camionette noire.

Le froid m’a emportée à l’intérieur d’elle.

Cet homme, monstre s’appelait.

Et avec sa grande épée, il m’a enlevé la pureté.

Cette pureté s’appelait virginité.

Sa main a ouvert mon coffre, où se trouvait mon trésor.

Sa main a ouvert l’enfer. C’était mon essor.

Mon coeur porte encore des cicatrices.

Triste, je me retrouve encore face à ces malices.

Depuis ce jour, rien n’est plus le même.

Désolation, haine, regret, amertume.

Je ne veux plus rester ici, je souhaite retourner à ma terre d’origine: la mer, les montagnes, le ciel immense de nuages sans fin. J’ai peur de la réaction de ma mère, de renoncer a tout ce qu’elle a construit pour moi. Mais sans moi. Je voudrais oublier le passé, oublier mon prénom européen. Je dois en avoir un autre.

Demain, il sera le lundi où je partirai. Je pourrai enfin raconter mon histoire.

Momentos de nuestro recital.

«Demain, il sera le lundi où je partirai. Je pourrai enfin raconter mon histoire».

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